Naissance d'une tradition

La Belgique, région de céréales

Il y a d'abord la situation géographique de la Belgique qui explique pourquoi elle est devenue "le" pays de la bière. Brasser la bière est une activité typique des pays aux climats plus froid où la vigne ne pousse pas mais ou les céréales se cultivent facilement. Le raisin est un fruit fragile qui demandent des terroirs ensoleillés aux conditions bien spécifiques, au contraire de l'orge, plus robuste, qui peut se cultiver sur des territoires plus vastes et qui se contente de climats tempérés et un ensoleillement modéré, comme le climat belge.Selon la légende il aurait transformé de l'€™eau contaminée en bière en 
 

La légende de l'evêque Arnould

C'est un evêque flamand du XIème siècle, Arnould, qui le premier conseille de boire de la bière. Selon la légende il aurait transformé de l'€™eau contaminée en bière en y plongeant sa crosse et sauvé la population de la peste. C'€™est en effet à cette époque que l'€™on se rend compte que boire de la bière est bien meilleur pour la santé car la bière est bouillie et ne laisse que peu de chances aux bactéries et aux germes polluants.
 
L'€™intérêt de Charlemagne pour ce breuvage qui en recommande l'usage dans sa capitulaire De Villis et qui en confie le monopole de fabrication aux moines, participe aussi à la promotion de l'art du brassage partout en Belgique.
 

De la bière pour tous

Les abbayes en Belgique ont joué un rôle important dans l'€™évolution vers les processus de production actuels. Selon la règle de Saint Benoit, le moine doit produire lui-même sa propre boisson et nourriture. Il peut cependant consommer, de façon modérée, la boisson de la région si l'eau n'€™est pas potable. Ainsi, les moines pouvaient boire chaque jour du vin dans les pays méditerranéens où ils développaient la viticulture. 

Dans nos contrées, après des tentatives infructueuses d'introduire des vignobles, ils se tournent vers la culture des céréales et le choix de la bière comme boisson régionale.

Au 13éme siècle, c'€™est le comte Jean Ier du Brabant qui autorise les cités à accorder des licences pour le brassage et la vente de la bière. Contrairement aux abbayes qui brassent exclusivement pour leurs religieux, les pèlerins, les pauvres et les malades qu'€™elles accueillaient en vendant le surplus pour financer les frais d'€™entretien de leurs bâtiments, les brasseries artisanales qui voient le jour brassent la bière à grande échelle et en font une activité commerciale florissante qui se développe au cours des siècles.

Les hauts et les bas de l'industrie de la bière

La révolution française porte un coup fatal aux brasserie tenues par des religieux. En 1799 les armées de la révolution Française envahissent la Belgique et mettent fin au régime autrichien de l'époque. Et comme les révolutionnaires ne portent pas particulièrement la religion catholique dans leur coeur, celle-ci est supprimée. Les monastères sont dévastés, leurs biens confisqués, leurs privilèges abolis et beaucoup de religieux fuient

Avec l'€™ère de la libre entreprise et le capitalisme naissant du 19ème siècle, l'activité de brassage se développe fortement en Belgique. Grâce à la révolution industrielle, au progrès des connaissances scientifiques et de la technologie, on brasse des bières de meilleure qualité à des volumes sans cesse croissant.
 
En 1910 on recensera officiellement 3.349 fermes brasseries en Belgique. Pour une population à l'€™époque de 7,5 millions d'€™habitants, cela nous donne une brasserie pour 2.200 habitants !
 

Bières ou fusils

Il faut attendre les deux guerres mondiales de 1914 et 1940 pour vivre le premier coup de frein sur l'€™industrie brassicole belge. L'€™armée allemande réquisitionne le matériel. Les cuves en cuivre attisent leur convoitise : elles sont fondues pour en faire des armes.
 
C'est une hécatombe pour les brasseries belges : de plus de 3.000 en 1990, elles tombent à 2.109 après la première guerre mondiale et à peine à 700 après 1945.
 

L'époque moderne du brassage en Belgique

Durant les décennies suivantes, de plus en plus de petites brasseries disparurent en raison de la concurrence croissante et des frais d'investissement souvent élevés que nécessitaient de nouvelles installations.
 
Dans les années 70 cependant, les bières « spéciales » belges bénéficièrent d'€™une couverture médiatique importante : le gourou britannique de la bière, Michael Jackson (l'€™équivalent de Robert Parker pour le vin) fit découvrir la richesse des bières belges dans ses émissions de TV et dans ses livres.
 
La période entre 1985 et 2000 fut surtout caractérisée par un grand mouvement de concentration dans le secteur de la brasserie belge, suivi d'une vaste mondialisation et d'€™une forte croissance des exportations.